Pourquoi ce site ?
La fin du XXe siècle et le début du XXIe annoncent, pensons-nous, d’immenses changements dans la façon dont l’espèce humaine pourra agir sur le monde, y compris sur elle-même, et consécutivement sur la conscience qu’elle aura, et de ce monde, et d’elle-même.
LA CIRCULAIRE DU 13 JUIN N’AURA DONC ETE QU’UN ECRAN DE FUMEE PROCEDURES EXPEDITIVES, REJETS MASSIFS A LA PREFECTURE DE PARIS
RESF a eu connaissance de nouvelles consignes données aux fonctionnaires de la préfecture de police de Paris qui suscitent la plus grande inquiétude sur la manière dont seront examinés les dossiers des familles dans le cadre de la circulaire du 13 juin. Depuis le 16 août de nombreuses familles qui avaient initialement rendez-vous entre septembre et novembre pour l’étude de leur dossier, reçoivent des convocations à la préfecture pour les jours qui viennent. Ces nouvelles convocations arrivent parfois pour le jour même, voire dans certains cas, trop tard pour qu’elle puissent s’y rendre. RESF a appris qu’au cours d’une réunion le 16 août, le directeur du service des étrangers, Jean de Croone, a ordonné aux fonctionnaires de la préfecture, sur instruction du ministère de l’intérieur, de reconvoquer toutes les familles avant le 31 août et que des vacataires allaient être embauchés dès le 18 août pour expédier l’examen des dossiers - celui-ci ne devant pas excéder 15 minutes. RESF s’insurge contre ces nouvelles mesures qui vont à l’encontre d’un réel examen de la situation des milliers de familles qui ont demandé leur régularisation. Nous demandons instamment qu’aucun dossier ne soit rejeté parce qu’une famille n’aurait pas pu se rendre à ces convocations anticipées et qu’elles puissent honorer le rendez-vous qui lui avait été initialement fixé. Ces mesurent confirment que la préfecture ne veut pas prendre en compte la situation réelle des familles et s’apprête à rejeter massivement leur dossier en raison du quota très restrictif de régularisation fixé par le ministre de l’intérieur. Les premières réponses reçues cette semaine par les familles montrent que l’arbitraire le plus complet a présidé à l’étude de leur dossier. A situation similaire, répondant pleinement aux critères de la circulaire du 13 juin, certaines reçoivent une réponse positive, d’autres sont rejetées. Les réponses sont à peine motivées et se contentent le plus souvent d’indiquer d’une formule toute faite " vous n’avez pas apporté la preuve de votre attachement à la France ". La circulaire du 13 juin n’aura donc été qu’un écran de fumée. Dans quelques jours des milliers de familles vont être rejetées dans la clandestinité et la précarité. Leur fichage annonce en outre des opérations massives d’expulsion. Le Réseau Éducation Sans Frontières reste présent aux côtés des familles dans les permanences de quartier et devant les guichets des préfectures comme il le sera dans les établissements scolaires dès la rentrée
Site du groupe ’arte sin techo’ (peintres sans toit). sur ce site vous pourrez voir des nombreuses photographies de ouvres produites.
Actuellement le collectif malgré tout et le groupe de peintres sans toit travaillent ensemble sur la question de la marginalité. notre hypothèse de départ commune étant que la marginalité n’est pas une question a résoudre par l’inclusion des exclus. tout le monde est inclus mais certains a une très mauvaise place. Notre problème n’est donc pas l’intégration mais de penser, a partir de ces lieux de frontière interne, la fabrication de la norme.
pour ceux qui n’ont pas pu y assister une video de la rencontre est disponible sur le site de ’RESF’
Les éditions La Découverte, le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) et le Théâtre National de la Colline
ont le plaisir de vous inviter à la présentation de l’ouvrage :
"La Chasse aux enfants", co-écrit par Miguel Benasayag, Angélique del Rey et des militants du RESF
présentations du livre
PARIS
20° le 15/05 avec Aline Le Genre Urbain, 30 r Belleville 75020 PARIS 01 40 33 27 75 01 44 62 27 49
11° le 17/05 chez Guillaume La Friche Librairie, 36 r Léon Frot 75011 Paris 01 78 11 80 40
18° le 23/05 avec Elodie Le Rideau Rouge, 71 r Riquet 75018 PARIS 01 46 07 16 06
18° le 26/05 à 19h30 avec Odile (au moins l¹un des auteurs demandé) L’Eternel Retour, 77 r Lamarck 75018 PARIS 01 42 52 05 01
12° EDMP "en septembre"
93 SEINE SAINT DENIS Montreuil le 6/06 à 18h30 Folies D’Encre Chantefable, 9 av Résistance 93100 MONTREUIL SOUS BOIS 01 49 20 80 00 01 48 57 32 98
51 REIMS le 21/05
30 GARD Alès le 31/05 Alès - Amis du monde diplomatique
57 MOSELLE Metz le 14/06 Librairie Géronimo, 2 r Ambroise Thomas 57000 METZ 03 87 74 48 01
84 VAUCLUSE Orange le 1/06- asso serge Tsibouslky - Avignon "entre le 11/7 et le 19/7"
Fruit d’une enquête nationale et nourri de nombreux témoignages, ce livre montre que la politique discriminatoire visant les enfants de famille sans papiers scolarisés en France a des effets sur la société française dans son entier, et plus particulièrement sur ses enfants. Il défend l’hypothèse selon laquelle, au-delà de la conscience de chacun, l’engagement au nom de la solidarité relève donc de la possibilité matérielle de vivre ensemble.
En présence de Miguel Benasayag et Angélique del Rey, Pierre Cordelier (RESF), François Gèze (directeur des éditions La Découverte), Stéphane Hessel (Ambassadeur de France) et les membres du groupe RESF miroir. Avec la prestation du slameur Julien Delmaire. Entrée libre, dans la limite des places disponibles, réservation indispensable au 01 44 62 52 00
Parution du livre « La santé à tout prix ! : Médecine et biopouvoir (Broché)
La santé à tout prix, voilà la nouvelle sagesse qui semble diriger nos vies. Les conseils, toujours plus nombreux et précis, envahissent les ondes de nos radios, les rayonnages de produits censés améliorer notre santé fleurissent dans nos supermarchés, les examens médicaux pour vérifier que « tout va bien » se multiplient sans que l’on puisse imaginer un terme à cette accumulation. L’état de chacun de nos organes est devenu le centre de nos préoccupations. Simple effet d’un individualisme croissant, symptôme d’un pays riche, conséquence d’une technique médicale en progrès constant... Tout cela à la fois, et pas seulement. Miguel Benasayag travaille dans le monde médical depuis trente ans, mais c’est également en philosophe qu’il nous alerte ici : un bio-pouvoir s’articule avec la médecine pour créer des normes sociales et rendre certaines attitudes obligatoires. Aujourd’hui, des territoires aussi cruciaux que la prise en charge du handicap, de la maladie d’Alzheimer, du cancer, la psychiatrie ou les soins palliatifs révèlent à l’analyse un modèle d’homme auquel il nous faut résister. Homme des compétences, agrégat d’organes que la médecine peut toujours perfectionner, sans prendre en compte l’unification interne de l’organisme ni ses liens avec l’extérieur. Sommes-nous vraiment certains de nous reconnaître dans ce portrait que le bio-pouvoir nous impose tant que nous restons passifs ?
Miguel Benasayag est psychanalyste et philosophe. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont récemment, Eloge du conflit, (avec Angélique Del Rey, La Découverte), Abécédaire de l’engagement et Plus jamais seul. Le phénomène du portable, aux éditions Bayard.
EN LIBRAIRIE LE 24 JANVIER
Cette rubrique comporte différentes interventions enregistrées.
Et, depuis quelques semaines, "écoutes radiophoniques"
"Écoutes téléphoniques" ? Peut-être parce que nous avons l’habitude de partager nos appels téléphoniques, du coup, tant qu’à faire autant le partager avec des gens qui peuvent en faire quelque chose. Car malgré des heures et des heures d’écoutes téléphoniques, nous n’avons pas l’impression d’avoir fait penser des policiers. Ceci dit, ce qu’on propose, c’est de participer, de vous en servir comme des outils. Il ne s’agit pas de longs enregistrements pleins de réponses pour des spectateurs militants, mais de courts montages qui posent des questions. On vous propose de partager des problèmes, on vous invite à penser quels échos ils ont dans vos pratiques.
Première écoute
Guillermo Kozlowski à Miguel Benasayag mercredi 30 janvier 2008-02-12
« à propos de la désespérance de Billancourt »
Nous avons remarqué depuis longtemps que, lors des conférences du collectif malgré tout, on nous demande d’être optimistes. Si notre diagnostic parait trop grave, on nous demande de pas tuer l’espoir.
Deuxième écoute
Mars 2008 Guillermo Kozlowski et Angélique Del Rey
« Retour à l’école »
Suivant les hypothèses développées dans « l’éloge du conflit », une petite discussion sur conflit et école.
Troisième écoute
Mars 2008 Guillermo Kozlowski et Miguel Benasayag
« Histoires de famille, »
Lors d’une discussion avec Miguel, on est revenu sur une question qui avait déjà intéressé le collectif malgré tout quelques années auparavant : la famille. Cette fois-ci la famille sous l’angle du conflit. La famille en tant qu’une des dernières entités qui accepte le conflit.
5 Décembre
"L’école des compétences" , par Angelique DelRey
6 juillet
Résister dans une époque obscure, par Philippe Merlant, Miguel Benasayag et Angelique DelRey
25 juin 2007 :
20 fevrier
"Trois questions émergent après Nairobi", par Philippe Merlant
"Un « post’it » personnalisé", par Angelique DelRey
"Petites réflexions sur la complexité", par Miguel Benasayag
Cette rubrique comporte des textes écrits par le collectif malgré tout en rapport aux differentes expériences auxquelles on participe.
tous ces textes peuvent être téléchargés ou format pdf, il suffit de cliquer sur l’icône en bas de chaque article.
Il s’agit des trois manifestes successifs publiés par le collectif. Ils ne constituent pas un programme mais les hypothèses de recherche qu’on s’est donne a differents moments.
les "30 questions au collectif malgré tout" , le "manifeste du collectif malgré tout" et le "manifeste du reseau alternatif" peuvent être téléchargés au format pdf et en plusieurs langues.
Nous, un groupe de personnes d’horizons et de pratiques différents, de différentes nationalités, nous nous sommes réunis pour relancer le Collectif Malgré Tout. Les notes qui suivent expliquent nos raisons et s’inscrivent dans la suite du manifeste du 1er CMT, lancé au milieu des années 1980, ainsi que du manifeste du Réseau de Résistance Alternative .
1)A l’époque du premier collectif, aucune contestation ne parvenait à faire face au triomphe du néo-libéralisme. L’engagement ne signifiait plus qu’une pratique d’évitement du pire. Le collectif est donc né du désir libertaire d’articuler la prise en compte de la complexité du réel avec des pratiques d’émancipation concrètes. Aujourd’hui, la situation est différente : une contre-offensive mondiale a émergé depuis 1994 mais n’a pas réussi à inverser le rapport de force. Conscients de cette nouvelle donne, nous désirons assumer le défi que cela pose à notre époque. Comment agir en en prenant acte ?
2)Des expériences pratiques très riches connaissent aujourd’hui un moment d’épuisement et de retrait. La mouvance alternative a sous-estimé la profondeur et la force du cycle de destruction qui caractérise notre époque. Ce que nous avons sous-estimé, c’est la puissance du processus de virtualisation du monde et de la vie par les impératifs géopolitiques et économiques. Cette virtualisation est constituée de processus bien réels et matériels (rôle de la technique, du biopouvoir, de la société disciplinaire) qui nous séparent de notre puissance d’agir.
3)Notre question est : comment s’engage-t-on dans une époque obscure ? Comme dans nos premiers manifestes, il ne s’agit pas de chercher quel modèle, programme ou homme providentiel il faut suivre, mais comment on vit et on résiste dans l’époque obscure elle-même : la condition d’une résistance joyeuse est de renoncer à tout espoir dans un but final chimérique. L’agir qui nous intéresse se situe ici et maintenant.
4)Notre défi est d’éviter le double piège qui se présente à la mouvance alternative. Dispersion et centralisation. D’une part, face aux difficultés concrètes, c’est-à-dire à la complexité, on a tendance à vouloir chercher le leader bien aimé, ou le programme unificateur, empruntant ainsi un raccourci qui ne mène nulle part. Et d’autre part, au nom de la diversité, on a tendance à tomber dans une dispersion qui nous conduit à la dissolution de notre puissance d’agir.
5)L’engagement a aujourd’hui pour nous le sens de construire des instances, intermédiaires entre la dispersion et la centralisation, qui, dans toutes les dimensions de la vie, et pas seulement celles qu’on considère comme politiques, soient capables de retisser du lien social, capables d’épaissir le tissu social. C’est là le premier objectif de la résistance aujourd’hui, loin de toute logique des moyens et des fins.
6)Nous pensons que ce qui structure, fonde et modifie une époque est loin de se réduire à la seule dimension du pouvoir politique. Les processus qui fondent une époque s’inscrivent dans des devenirs propres à la longue durée. C’est pourquoi le CMT s’intéresse aux recherches théoriques et pratiques qui tournent autour de l’expression épochale de la longue durée : virtualisation de la vie et biopouvoir notamment. Ses « chantiers » sont donc multiples et ouverts sur l’ensemble du champs social.
7)Pour nous, l’engagement est possible lorsque nous avons abandonné le récit selon lequel les hommes font l’histoire et sans accepter d’être pour autant ballottés comme des feuilles dans la tempête. Notre question est : que fait l’homme dans l’histoire ?
8)Loin de tout idéalisme consensuel, il s’agir de reconnaître les conflits qui structurent chaque situation et qui sont cachés par le terrorisme du consensus. Notre société essaie d’évacuer tous les conflits et, loin de provoquer une situation de paix, elle ne cesse de produire des violences extrêmes.
9)« Résister, c’est créer », et non seulement s’affronter (même si, dans toute situation, il faut assumer des niveaux d’affrontement différents). Les lignes de résistance-création passent par ces fissures que nous reconnaissons comme étant de véritables « frontières intérieures » du système. Elles sont le lieu de résistance dans nos sociétés, même si elles sont souvent des frontières invisibles. Elles délimitent les « forteresses » des « no man’s land ». Elles séparent les « sans » (sans papiers, sans droits, sans dignité, sans accès aux soins, sans travail...) de ceux qui sont encore « avec ». Ce sont des frontières d’étiquetage de nos sociétés, dans lesquelles se fait voir le projet disciplinaire qui tente d’avancer. Ces frontières sont aussi les lieux d’invention et de création de nouvelles formes de vie, de solidarité, de sociabilité, de distribution des richesses, de nouveaux rapports avec l’environnement, de nouvelles cultures, de nouvelles formes d’art, d’éducation, etc.
10)Notre position de radicalité par rapport au sens de l’engagement dans la société est que la société est tout le monde. Il n’y pas d’exclus ni d’inclus. Les frontières sont des frontières d’étiquetage et d’exclusion. Une frontière est un lieu de production, véritable laboratoire de création d’une nouvelle normativité sociale.
11)La vocation du collectif n’est ni de coopter des gens ou des groupes, ni de diriger des expériences concrètes, mais de faire avec les groupes et les gens qui sont déjà dans des expériences concrètes. Nous pensons que le moment actuel n’est pas à l’extensif-quantitatif, mais à l’intensif-qualitatif. L’importance de chaque expérience ne tient pas à sa taille, mais à la nouveauté qu’elle entraîne. Nous restons convaincus que chaque expérience de résistance/création, au-delà de son efficacité immédiate et de son objectif avoué, fait partie d’un nécessaire soubassement multiple et contradictoire d’où émergera peut-être un rapport de force différent, capable d’enrayer les processus de destruction.
12)Nous fonctionnons sur deux plans, théorique et pratique. Sur le premier, autour d’un séminaire et de la production de textes et de conférences publiques. Sur le second, autour de chantiers pratiques liés aux activités concrètes des membres du collectif. Nos chantiers sont tels que : mouvements sociaux (les « sans » en Argentine et en France), éducation, journalisme, médecine, handicap, culture sourde, art, psychiatrie et psychanalyse, université populaire, travail social (liste non exhaustive). Nous invitons donc tous ceux et toutes celles qui sont engagés et engagées dans des recherches ou des pratiques concrètes à nous contacter pour développer des chantiers ensemble.
Pour nous contacter : info@malgretout.org